À Tirana, la police a tiré ce qui semblait être des balles en caoutchouc sur des étudiants protestataires devant le ministère de l’Éducation de l’Albanie lors de heurts survenus samedi, cinquième jour de manifestations appelant le Premier ministre Edi Rama à démissionner. Des images vidéo de Reuters ont montré des agents tirant avec un fusil vers les foules. Des journalistes ont retrouvé des projectiles en caoutchouc au sol, dont des munitions ayant touché deux journalistes de Reuters et plusieurs manifestants, laissant des traces rondes. Les affrontements se sont intensifiés ces derniers jours au centre de Tirana. Les manifestants ont incendié des bâtiments du gouvernement et des banques et ont jeté des pierres sur la police. Les policiers ont répondu avec du gaz lacrymogène et des canons à eau. Le chef de la police albanaise, Skender Hita, n’a pas nié l’emploi de balles en caoutchouc lors d’une conférence de presse. Il a déclaré que tous les moyens utilisés l’ont été de manière limitée et a ajouté que sept policiers avaient été suspendus et font l’objet d’enquêtes disciplinaires pour avoir dépassé leurs pouvoirs et ne pas avoir respecté le principe de proportionnalité. M. Hita a indiqué que 1 067 personnes avaient été arrêtées et 388 poursuivies pénalement. Des dizaines de policiers et de manifestants ont été blessés. Les troubles sont liés à la colère suscitée par la corruption gouvernementale perçue, le manque d’emplois et la faiblesse des normes en matière d’éducation, les autorités et le gouvernement appelant au calme tandis que M. Rama refuse de démissionner. Les suspensions et les enquêtes disciplinaires sont en cours, tandis que les poursuites continuent à la suite des arrestations.